Discriminations, écologie… Les freelances sont-ils plus ouverts aux sujets de société ?

21 juillet 2020

Vous n’avez pas pu échapper à l’actualité brûlante du moment : la mort tragique de George Floyd. En seulement quelques jours, le slogan “Black Lives Matter” est apparu sur tous les réseaux sociaux et sur nos écrans. Il s’agit d’un véritable cri d’alerte. Ce drame, qui fait réfléchir sur un fait de société beaucoup plus large, nous amène à nous questionner sur nos comportements dans tous les domaines de la vie. Chacun est invité à s’interroger sur son rapport avec les autres et ses préjugés, inconscients ou non.

Une attitude plus libre et ouverte 

 La sphère du travail est bien évidemment concernée car elle est souvent source d’injustices et de discriminations liées à l’origine ou à l’apparence physique. Qu’en est-il de la communauté des freelances ? Sont-ils plus ou moins concernés par ces problématiques ? A première vue, on peut penser que les indépendants ont moins de risque d’être assujettis à des préjugés. En effet, ce statut professionnel à part va souvent de pair avec une plus grande liberté d’esprit et une flexibilité dans son attitude et son comportement.

De plus, les freelances savent très bien ce qu’ils veulent dans la vie (et ce qu’ils ne veulent pas !), ce qui leur a permis de se forger un caractère et une identité solides. Ayant un emploi du temps plus facilement adaptable, ils ont souvent plus le temps de se consacrer à des causes qui leur tiennent à cœur. De là à affirmer que les freelances sont plus sensibles aux grands sujets de société actuels, il n’y a qu’un pas… 

Freelances vs racisme

Selon une étude de l’OIT (Organisation internationale du travail) menée en 2017, le domaine du travail est le premier vecteur de discriminations. La pression exercée y est plus forte lors de moments-clés, comme par exemple le sacro-saint entretien d’embauche. 29 % des sondés affirment d’ailleurs avoir été confrontés à une forme de discrimination dans le milieu professionnel. Qu’en est-il des freelances ? Sont-ils épargnés par les préjugés et moins soumis à l’injustice ? 

Là encore, la souplesse d’esprit et l’ouverture d’esprit que l’on attribue souvent aux freelances jouent en leur faveur. Il paraît difficile, voire impossible de trouver des chiffres officiels à ce sujet. Une étude sociologique de grande ampleur mériterait d’être menée. Toutefois, on peut dire que dans le domaine du high-tech et des starts-ups, on a probablement moins de chances d’être victime de discriminations liées à son origine ethnique que dans d’autres domaines professionnels plus “traditionnels”. D’ailleurs, bien souvent, les freelances ne rencontrent jamais leur client et traitent uniquement avec lui au téléphone ou par mail. Impossible donc de juger sur le physique comme lors d’un entretien d’embauche classique…

Cependant, ne nous leurrons pas, la dictature de l’apparence sévit à tous les niveaux. La sphère du freelancing n’est certainement pas épargnée. Même si un indépendant ne rencontre pas toujours ses clients en chair et en os, son identité ethnique est souvent clairement perçue par son prénom et son nom de famille. De plus, on constate l’omniprésence des photos de profils sur les plateformes de mise en contact entre freelances et clients. On les trouve aussi sur tous les réseaux sociaux. Difficile donc d’échapper à une catégorisation de la part de l’entreprise qui recherche les services d’un indépendant… Elle est inconsciente mais pourtant bien réelle.

Freelances vs égalité

Qu’en est-il des discriminations liées au sexe ? Chez les freelances comme ailleurs, il y a encore du travail à faire question parité homme-femme. Si près de 46 % des freelances seraient de sexe féminin, ces dernières touchent une rémunération en moyenne 24 % inférieure aux hommes… Ce chiffre est d’autant plus choquant qu’en tant qu’indépendant, on a la liberté de pouvoir fixer soi-même ses tarifs. Pourtant, le freelancing a tout pour séduire les femmes. Il offre la possibilité d’être son propre patron, de se rémunérer à sa guise et de composer plus facilement avec sa vie de famille. 

En réalité, tout commence dès l’école. C’est un fait, la majorité des étudiants des écoles de commerce, d’informatique ou de développement sont des hommes. Cette inégalité est visible dans le milieu du numérique, où beaucoup de métiers liés à l’informatique (développeur, intégrateurs…) restent majoritairement masculins.

Heureusement, les choses commencent à changer peu à peu. Un exemple à suivre ? A l’École 42, où l’on forme les développeurs de demain, la DG Sophie Vigier a décidé de respecter un quota d’élèves féminines. Le but ? Combattre le sexisme dans ce secteur.

Freelances vs écologie 

Le développement durable et la préservation des ressources de notre planète sont un enjeu vital qui concerne le monde entier. On constate que beaucoup de gens ont acquis des réflexes anti-gaspillages chez eux ou dans l’environnement urbain et naturel. Toutefois, ils n’agissent pas de la même manière au travail. Les salariés, notamment, peuvent avoir tendance à se reposer sur la hiérarchie de leur entreprise. Ils agiront moins naturellement d’eux-mêmes afin d’adopter des comportements éco-responsables au bureau. En tant que freelance, on travaille souvent de chez soi en télé-travail. Cela permet spontanément d’être plus sensible à l’écologie : moins de transports, des repas préparés à la maison, moins de gaspillage de papier et d’énergie… En effet, lorsqu’on adopte un comportement éco-responsable chez soi, c’est aussi bien souvent plus économique !

A l’inverse, on peut aussi évoquer le cas des digital nomads qui parcourent le monde en emportant avec eux leur ordinateur pour travailler. Ces freelances itinérants se passionnent généralement pour le voyage et la nature. Cela les pousse à s’investir dans le domaine de la protection de la nature.

Si les freelances semblent globalement concernés par le développement durable, c’est peut-être aussi une question de génération. Une grande proportion d’indépendants travaille dans les secteurs du web et du numérique, qui sont des métiers relativement récents et intéressant pour beaucoup de jeunes gens. Selon de nombreuses études, les dernières générations sont justement plus sensibles à l’écologie. Elles ont pu constater les dégâts des générations précédentes sur la faune et la flore de notre planète. Dans la lignée d’une Greta Thunberg, activiste de 16 ans qui fait la Une des médias avec ses plaidoyers écologiques, les jeunes travailleurs souhaitent laisser une empreinte la moins néfaste possible sur Terre. Bien sûr, cette prise de conscience est générale et impacte également toutes les catégories d’âge.

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